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Rapport d'évasion du Capitaine Kenneth H. Powers (matricule O-424132)
 

Le Capitaine Kenneth H. Powers était pilote de l'un des B-26 qui a pris part au raid du 24 juin 1944 contre le pont ferroviaire entre Sartrouville et Maisons-Laffitte. Son avion a été abattu par l'armée allemande sur le chemin du retour et s'est crashé en Normandie. Le Capitaine Kenneth H. Powers a sauté en parachute a été caché par les français jusqu'à la libération.

 

 

 

"A la nuit tombée, j’ai trouvé une grange près d’une allée et j’ai rampé jusqu’à une haie. J’ai vu deux filles remonter l’allée jusqu’à une maison et je suis monté sur la barrière afin qu’elles me voient. Lorsqu’elles ont retrouvé leurs parents, ils se sont tous retournés et m’ont vu. Il y avait beaucoup d’excitation et le père répétait simplement « non, non, non » mais les filles m’ont caché dans le dalot par lequel la rivière de la ferme passait sous la route. La grande sœur m’a demandé mes papiers et j’ai montré mes plaques d’identification. La petite sœur m’a amené un grand “Mother Hubbard” pour couvrir mon uniforme et on m’a emmené jusqu’à la maison (ndlr : “Mother Hubbard” est un personnage de comptine revêtue d’un vêtement féminin recouvrant tous le corps).

On m’a emmené dans l’une des chambres et on m’a donné à manger. On m’a donné des vêtements civils pendant que leur père beuglait comme un aigle. Vers minuit, j’ai entendu 3 tirs de 45. Pensant que ce pouvait être un signal de l’un de mes membres d’équipage, j’ai essayé de tirer à mon tour, mais ils ont bloqué la porte et m’ont ceinturé. Ils m’ont assuré que les allemands avaient capturé des membres de mon équipage et qu’ils attendaient dans le champ à côté pour voir ce qui résulterait de ces tirs.

Lorsque je me suis réveillé le matin suivant, la pièce était pleine de gens curieux. Après avoir examiné tous mes effets, l’un d’eux déclara « Pas allemand » et ils sont tous devenu très amicaux.

C’était une famille pauvre mais ils m’ont donné à manger tous ce qu’ils pouvaient. Après mon premier jour, les allemands passaient régulièrement pour prendre du cidre et la relation avec les allemands semblait très familière. J’ai questionné les filles et elles m’ont dit que les soldats étaient tous autrichiens de la 375 Regt Batteries A, B et L. Elles m’ont dit que les 2000 soldats dans la région étaient polonais, autrichiens et tchèques et que seul les officiers étaient réellement allemands.

Ils n’ont pas essayé de me cacher aux voisins mais on m’a dit de me faire passer pour un allemand. Personne n’était dupe. Alors que je dormais allongé sur la pelouse le 26 juin, je me suis réveillé et j’ai vu Gisèle et des soldats armés. Je me suis retourné et j’ai fait semblant de dormir pendant qu’elle expliquait que j’étais un ouvrier agricole.

Le 27 juin, je me trouvais dans le verger lorsqu’un homme m’a subitement approché avec un dictionnaire et m’a demandé si j’étais américain. Lorsque j’ai répondu par l’affirmative, il a dit que l’un de mes membres d’équipage était chez lui et il m’a décrit le Private Hudson. Il m’a dit qu’on allait m’emmener dans une maison à Blonville sur Terre. La famille avait épié notre conversation depuis la maison et a décidé de me cacher de peur que ce ne soit un collaborateur. A la nuit tombée, ils se sont rassurés et j’ai dormi dans la maison.

Deux hommes sont venus le jour suivant pour m’emmener à Caen (Calvados). Pendant qu’ils étaient là, l’homme au dictionnaire est arrivé, m’a déclaré qu’il représentait la résistance et qu’il m’emmenait à Blonville. Comme il était plus âgé, j’ai fait l’erreur de penser qu’il savait de quoi il parlait et j’ai décidé de le suivre.

Je suis partie dans une carriole tirée par un cheval. L’un des hommes, le facteur local, était communiste. Ils m’ont emmené à la maison de la postière de Blainville sur Terre. Là j’ai rencontré John Mathews, un para britannique blessé qui avait sauté au-dessus de Dolay. Hudson est arrivé le jour suivant. Nous sommes restés là une semaine. Il y avait trop de visiteurs qui se prétendaient comme lieutenants, capitaines et généraux dans la résistance. Même des collaborateurs, qui pensaient qu’il était judicieux d’être amical, sont venus. Parmi ceux-là, il y avait un boulanger qui servait les allemands et nous a fait du pain blanc et un homme a prétendu avoir la plus grande ferme du Calvados. Il vendait aux allemands mais pas aux français, particulièrement pendant les deux premiers hivers. Il était ami avec le commandant et avait une voiture et de l’essence. Lorsqu’elle nous a découvert, une femme jalouse de son mari a laissé entendre qu’elle nous dénoncerait.

Un dimanche, un homme nous a emmené voir une maison bombardée. Lorsqu’il a vu des allemands voler ses pommes de terre, il les a poursuivi bien que nous étions dans sa voiture et nous avons assisté à une scène stressante.

Le 5 juillet, nous avons été rejoints par James Palfrey, un autre para britannique et nous nous sommes rendus à 500 yards (450m) de la ferme du chef local de la résistance Pierre Fettes. Nous avons passé 10 jours dans son loft car il y avait 200 allemands qui campaient dans un taillis non loin de là. Nous nous sommes ensuite rendus à la maison de Jean Bradet, le lieutenant du chef à St Pierre. Nous sommes restés là jusqu’au 22 aout. Geoffrey Luggar et Raymond Peters (para britannique) nous ont rejoints. Le 16 aout, nous avons entendu dire qu’il y avait 800 torpilles à Nillers and que plusieurs centaines allaient être lancées depuis un château ce soir-là. La radio ne fonctionnait pas correctement et donc quelqu’un a été envoyé à Falaise pour prévenir les alliés. On n’a plus jamais eu de ses nouvelles.

Le 22 août, M Badet est parti à Branville et a parlé de nous à un colonel de la Devonshire Airborne Regiment. Le colonel m’a confié un camion pour que je rassemble les évadés de la région, 13 au total, et après une nuit à Dogale, nous sommes partis à Bayeux."

 

 

 

Sources:

 

Rapport d'évasion: http://media.nara.gov/nw/305270/EE-1136.pdf

 

Informations supplémentaires:

 

http://www.francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=3427 

 

 
     

 

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